La fabrication d'un bijou
Les différentes étapes de la fabrication d’un bijou.
Les techniques de Joaillerie,L’inspiration et le choix d’une pierre,Croquis et dessin en 3D,Maquette,Moulage,Fonte,Le poinçonnage,Le sertissage,Le polissage
Les techniques de JoaillerieFabriquer un bijou, c’est continuer à faire des gestes que l’on faisait déjà il y a des milliers d’années, en espérant que dans 1000 ans, ces colliers, bagues, bracelets ou boucles d’oreilles seront toujours là.
Et puisque le mot « bijou » vient du latin « bis-jocus », la « double joie » que la joie de l’offrir et celle de le recevoir soient égales. Nous vous proposons de suivre les différentes étapes de création d’un bijou.
Du dessin à la réalisation
1. L’inspiration et le choix d’une pierre
Comme pour toute création, le Maître joaillier a besoin d’inspiration pour créer un bijou: tout ce qui l’entoure en est une potentielle source (environnement, nature, lectures, musées, personnalité de la personne pour qui il crée le bijou, couleur et forme d’une pierre etc.).
Une pierre peut donc être le point de départ de la recherche : il s’agira alors pour le créateur de trouver le style, la forme qui correspondra le mieux à la pierre et la mettra en valeur.
Exemple : Etude sur le thème du jardin à la française avec comme pierre à travailler des navettes péridots (verte).
Le choix d’une belle pierre conditionne la beauté du bijou qui va naître à la suite d’une superbe fabrication de joaillerie (mise en valeur des pierres par le métal).

Une fois le thème ou les pierres sélectionnées, une recherche de graphisme, une série de croquis s’enchaînent pour laisser place à une idée à développer pour un bijou.
Chaque bijou (alliance diamant, bague de fiançailles ou bague diamant, pendentif diamant, etc.…) est d’abord esquissé au crayon par le créateur. Le simple croquis qui en résulte est peint ensuite à la gouache. C’est la première dimension artistique. Elle est à la base du processus de réalisation.

Le dessin en 3D
Pour la réalisation d’un pendentif par exemple on pose une plaque en plexiglas transparent sur la feuille de papier où le croquis a été réalisé. On étale une pâte à modeler (plastiline) sur la plaque et on repousse les contours jusqu’à découvrir les bords de notre dessin.
On sculpte ensuite à l’aide d’une spatule pour découvrir le volume. Les pierres pourront alors être collées sur la pâte à modeler afin de mieux apprécier dénivelés, positionnement et forme du bijou. Ce premier modèle, dessin en volume peut alors être soumis à l’avis d’un tiers (client ou autre joaillier). Une fois les éventuelles améliorations ou corrections apportées, et ce dessin en volume validé, on peut alors lancer la fabrication.
3. Maquette
Le dessin et/ou le dessin en 3D en plastiline – qui permet de mieux comprendre le volume- sont transmis à un maquettiste qui interprète le dessin en trois dimensions. Il sculpte la monture dans de la cire en respectant les impératifs techniques.
La première étape de la fabrication consistera donc en sculptant dans un pain de cire.
On donnera à la cire la forme du bijou à réaliser en respectant le dessin et/ou le volume réalisé en pâte à modeler. Cette même étape pourra être réalisée d’après photo ou toute autre documentation de travail.
Métier intervenant dans la réalisation de cette étape : le maquettiste
Le maquettiste taille alors la forme à réaliser dans une cire spéciale à sculpter, à l’aide de différents outils :
- un triboulet métrique avec une lame pour tailler l’intérieur de la bague par exemple au tour de doigt correspondant à celui mesuré à l’aide du baguier,
- des ébauchoirs pour tailler avec précision (échoppe, onglette)
- un fer à chauffer, à température réglable, pour rajouter de la cire ou percer les zones à sertir de pierres, etc.
La forme de la pièce à fabriquer est donc initialement sculptée dans une masse de cire mais peut être fabriquée fabriquée en métal, à l'échelle.
Ce modèle à l’échelle 1,05 (ou en moyenne 3%) pour tenir compte du "rétreint" ou "retrait" (légère réduction de dimension de la pièce métallique produite par rapport aux dimensions du modèle en cire, liée au phénomène physique de dilatation des métaux) et de retrait de la cire après refroidissement, sera ensuite moulé puis fondu en métal précieux selon la technique de la cire perdue.
4. Moulage
Lorsqu’il s’agit de reproduire un bijou existant, il est nécessaire d’effectuer une opération de moulage dont le résultat est d’obtenir une maquette en cire comparable à celle réalisée par le maquettiste.
La technique du moulage
La technique du moulage est ancestrale. Elle a été inventée par les Égyptiens qui, à l’époque, réalisaient des moulages principalement avec du sable.
4.1- Réalisation du moule en élastomèreLe moule est constitué de plaques d’élastomères. Sur les plaques, en plus ou moins grand nombre selon l’épaisseur du bijou à reproduire, on pose le modèle, en argent par exemple.
Comme le montre la photo ci-dessous, une lamelle de papier – ou tige de coulée est fixée sur le modèle original, elle indique le chemin d’alimentation que prendra la cire dans l’étape ultérieure ainsi que sa hauteur dans l’épaisseur du moule.




Le moule dans sa matrice en acier est placé dans le vulcanisateur afin de souder les différentes plaques élastomères, sans bulle d’air, grâce à la compression et à la chauffe pour ne former qu’une seule pièce.


Cette technique est plus onéreuse et les moules sont plus fragiles.
Pour des séries importantes (plusieurs centaines de pièces) on utilise aussi des moules "en dur" afin d'obtenir une qualité plus élevée.
Dans certains cas les techniques de moulage sont combinées entre caoutchouc et moule dur.
4.2. La découpe du moule peut enfin avoir lieu.

On sépare ensuite soigneusement le moule en deux au moyen d’un scalpel et on retire le modèle original.

A l’aide d’une tige en acier chauffé, le fondeur réalise une saignée dans le moule, à l’endroit où la lamelle de papier avait été posée.

Cette saignée permettra d’alimenter l’empreinte du moulage avec une cire chaude liquide qui durcira en quelques secondes.

Arrondissage de la saignée d’alimentation de la cire pour y insérer la buse de la cireuse.

Avant les premières coulées de cire dans l’élastomère, le fondeur nettoie le moule.

Couler la cire dans le moule
Dans le moule vide, on injecte soigneusement de la cire, ce qui crée un modèle en cire de l'original.
Les retouches effectuées sur les différents moules aident au passage de la cire à chaque injection.

4.3. Réalisation du modèle en cire
Avant chaque injection, on frappe le moule avec un tampon rempli de talc pour faciliter ultérieurement le retrait de la cire une fois introduite.

Enfin, les injections de cire peuvent commencer. La cire prend place dans l’empreinte du moule.
Le retrait du moulage en cire
Le retrait de la cire est plus ou moins facile selon les modèles.


Les différentes couleurs de moule caractérisent leurs spécificités : élasticité, durabilité.
Les cires, elles aussi, sont de différentes couleurs. La cire à maquette vert foncé, par exemple, a une dureté plus importante et permet les retouches.
Sa coulée dans le moule est si chaude qu’elle risque de le brûler à chaque passage.
On utilise donc une cire ambrée plus facile à travailler en coulée.
5. Fonte
La monture réalisée en cire est donnée au fondeur. Ce dernier a pour mission de fondre le métal de telle sorte qu’il prenne la forme du modèle en cire.
La technique de la fonte à cire perdue :
Un exemple, l’ « arbre en cire »
Les différents tirages en cire d’un modèle de bijoux sont soudés sur une tige comme des branches sur un tronc d’arbre.
L’arborescence en cire se plante sur un socle, qu’on enferme ensuite à l’intérieur d’un tube métallique. Le cylindre ainsi créé est rempli d’un plâtre assorti à l’alliage de fonderie.

L’arbre est enfermé dans un cylindre perforé, préalablement étanchéifié avec un film plastique, afin de pouvoir y couler du plâtre réfractaire.

Le cylindre est rempli de revêtement (plâtre). Après séchage on enlève le film plastique.

Après durcissement du plâtre, l’ « arbre en cire » est éliminé en le faisant fondre au four.

Le moule est ensuite décapé et mis au four.
Il va suivre un long temps de cuisson avec différents paliers de température.
Le programmateur va commander les paliers de températures du four pendant la cuisson du cylindre.

Fonte du métal dans le moule
Fonte de l’or dans un petit creuset, avant la fonte dans l’empreinte

Fonte de l’or, du platine ou de l’argent, avant la coulée dans le cylindre où l’empreinte s’est libérée. C’est ce que l’on appelle la technique de fonte à cire perdue.

On arrive à la phase essentielle : le métal liquide est coulé dans le moule, soit par le procédé de coulée centrifuge sous vide, soit par celui de coulée statique sous vide.
Ici la base de l’arbre en cire va laisser place à l’arbre en métal


Après refroidissement, on dégage l’arborescence métallique du plâtre solide.
On peut alors séparer les différentes pièces coulées en découpant l’arbre en suivant les carbres, le cas échéant.
Après avoir séparé les bijoux bruts, réalisés, d’après les cires, en or jaune, rose, ou blanc le fondeur peut les sabler pour leur enlever lun peu de leur coté brut.
Ils sont ensuite transmis au bijoutier pour les étapes suivantes.

Pour mémoire, les schémas ci-après résument les étapes de la réalisation de l’ « arbre de cire ».

6. Le poinçonnage.
Qu’est-ce que représente le poinçon sur un bijou ?
Pourquoi mon bijou port-t-il une marque, un poinçon ?
Depuis 200 ans, selon la loi française tous les bijoux en métal précieux doivent être poinçonnés pour garantir leur authenticité.
Deux poinçons sont obligatoires : le poinçon de responsabilité et le poinçon de titre.
Le poinçon de responsabilité est le poinçon de l’artisan joaillier bijoutier qui porte ainsi sa marque de création et fabrication.
Le poinçon de Forges est un globe terrestre.
Le poinçon de titre est le poinçon de garanti de l’Etat attestant que le pourcentage de métal précieux pur contenu dans le bijou correspond bien au montant légal.
Le poinçon pour l’or est un aigle, pour le platine, le chien et le poinçon avec la tête de Minerve pour l’argent.

7. Le sertissage
Le sertissage consiste à fixer une pierre précieuse ou fine sur une monture métallique, en déplaçant une partie de ce métal. Les techniques couramment utilisées pour le sertissage sont :
le sertissage à griffes : les griffes sont des tiges en métal sortant de la monture, tiges que le sertisseur vient replier en ergots sur la pierre pour la fixer. C'est la technique qu'on utilise couramment sur les solitaires.
le serti à grain : c'est un petit copeau de métal qui est poussé par une échoppe coupante qui le sort de la masse de métal (sans l'en désolidariser) du bijou, pour le rabattre sur le bord de la pierre. Ces grains fixent fermement la pierre, se comportant comme de minuscules griffes.
le serti clos : une mince plaque de métal précieux entoure le logement de la pierre. On replie la feuille sur tout le périmètre de la pierre, la solidarisant ainsi de la monture.

8. Le polissage.
Cette action consiste en augmenter la brillance au métal (or blanc, or jaune, argent) en la frottant sur des brosses puis des feutres en rotation rapide en les enduisant au préalable de pâtes plus ou moins abrasives. On augmente la brillance du métal précieux an utilisant des pâtes et des feutres de plus en plus doux.
C’est souvent une des dernières étapes de la fabrication du bijou avant et après l’ajout des pierres.




